Histoire du musée

Un musée de collectionneurs

Les origines profondes du musée d'Aix, qui prit en 1949 le nom d'un de ses plus généreux bienfaiteurs, le peintre François-Marius Granet, sont à chercher parmi les membres du parlement de Provence, cette noblesse de robe d'Ancien Régime qui cultivait le goût des arts et de l'histoire. Les parlementaires ont constitué au cours des XVIIe et XVIIIe siècle de remarquables collections dans leurs hôtels particuliers faisant toujours la fierté de la ville.
La présence de ce milieu fortuné et en quête de reconnaissance sociale, ainsi que la position stratégique de la ville, au carrefour du nord de l'Europe et de l'Italie, favorisent alors une exceptionnelle floraison artistique, dont le musée d'Aix va devenir au cours du XIXe siècle, et par des moyens contournés, le réceptacle.

Fauris de Saint-Vincent permet la création du musée d'Aix

Sans jouer un rôle direct, la Révolution française rend possible par les bouleversements qu'elle induit l'émergence progressive de l'idée d'un musée public.
Au moment où elle éclate, des collections historiques et archéologiques sont déjà présentes à l'hôtel de ville, dans une optique d'auto-célébration de la capitale de la Provence. Par ailleurs, l'école gratuite de dessin inaugurée au collège Bourbon (actuel lycée du Sacré Cœur) en 1766 possède un fonds d'étude servant à l'enseignement des élèves ; cette école est déplacée une première fois en 1798 dans le couvent des Andrettes (près de l'actuel lycée Mignet). L'achat par la ville en 1821 du cabinet de curiosités du président Fauris de Saint-Vincens, installé à l'hôtel de ville, va précipiter les événements.

En 1824 les collections municipales de l'hôtel de ville sont ouvertes à la visite.
En 1825 l'ancien prieuré de Malte situé dans l'aristocratique quartier Mazarin est acheté. En 1828 l'école de dessin et ses collections propres y sont transférées.
En 1831 on décide d'y envoyer les collections de l'hôtel de ville, envoi rendu effectif en 1833. Il faut cependant attendre 1838 pour que le musée d'Aix soit officiellement inauguré, à l'occasion de la remise des prix de l'école de dessin. Le musée est en effet placé sous l'autorité et la dépendance du directeur de cette dernière institution, situation qui va perdurer jusqu'en 1947.

Des cabinets de curiosités à la collection Planque

Les modestes collections initiales vont s'enrichir principalement par des achats, dons et legs d'ensembles déjà constitués - le plus souvent dès l'Ancien Régime - par les parlementaires : cabinets de curiosités historiques de Sallier (1840) et d'Aubergue (1905), rappelant celui de Fauris de Saint-Vincens, collections de peintures et sculptures de Bourguignon de Fabregoules (1860) et de la famille de Gueidan (1882), fonds d'atelier de Constantin d'Aix (1850) et surtout de F.-M. Granet (1849), collections orientales de Dol (1942) et de Lagier (1987). L’œuvre tutélaire de Paul Cézanne fait dignement son entrée en 1984 grâce au dépôt par l’État de 8 tableaux du maître d'Aix, tandis que les importants dépôts des collections d'art moderne de Philippe Meyer (2000), collection donnée à l’État pour être déposée à Aix) et de Jean Planque (2011) signent l'ouverture définitive du musée à l'art des XXe et XXIe siècles.

Pour présenter dignement ces multiples fonds, plusieurs corps de bâtiments se sont élevés au fil du temps autour du prieuré de Malte. Intégralement restructuré entre 2003 et 2006, le musée Granet voit en 2013 ses surfaces encore augmenter par le rattachement de l'ancienne chapelle des Pénitents Blancs des Carmes. La rénovation de ce monument du XVIIe siècle destiné à accueillir la collection Planque sous le vocable « Granet XXe » témoigne ainsi du remarquable dynamisme de l'établissement.

12 000 CHEFS-D'ŒUVRE !
C'est par l'acquisition par la ville d'Aix, mais aussi par des legs considérables, comme celui de François-Marius Granet, que le musée Granet va prendre toute sa consistance et s'agrandir pour devenir aujourd'hui le musée aux plus de 12 000 œuvres et chefs-d'œuvre !